‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 209 sur 292 · Dom Vaissette. Serment des Bélissen. Chartes · texte numérisé non relu

Dom Vaissette. Serment des Bélissen. Chartes

ses pieds le gave de montagne. De son mur méridional, il regardait, comme son nom l'indique, le poisson jouer dans les eaux limpides1. Aujourd'hui le vieux Mirepoix n'est plus ; la croisade l'a jeté» sur l'autre rive du fleuve, et de son antique manoir féodal il ne reste qu'un débris informe. Nous avons visité ces ruines patriotiques. Avec quelle émotion nous avons découvert, sur une pierre sculptée, dans un écusson octogone, les armes de Toulouse, Yagneau et la croix. Emblème attendrissant î Doux et tragique symbole ! L'agneau rumine en paix sous la croix, arbre sinistre aux rameaux dépouillés, au sommet décapiîé par la foudre. Et déjà s'élance de son antre le lion qui doit le dévorer.

L'évêque Gaucéli, arrivé à Mirepoix, réunit en synode les diacres fugitifs et les seigneurs patrons de l'Église du Paraclet. Ce synode, ecclésiastique à la fois et laïque, comme les anciens conciles d'Espagne, se tint probablement dans le château, alors appelé la Tour, bien digne de recueillir dans ses murs cette assemblée religieuse et patriotique, comme le témoignent encore les sculptures héraldiques de sa façade, la brebis ibère et la croix de Christ. Là se trouvèrent dans leur manoir patriarcal les douze rameaux des Fils de Bélissen et la plus haute chevalerie du pays de Foix. Plusieurs de ses membres figuraient au rang des parfaits, des diacres et des évêques : double preuve du sentiment religieux de ces barons, et du caractère profondément national de l'Eglise johannite. Sous la présidence nominale du vénérable Gaucéli,

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