‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 218 sur 292 · Zurita. Cron, de Aragon · texte numérisé non relu

Zurita. Cron, de Aragon

cerdotale et la sanction théocratique. Contre le droit populaire il se réfugiait dans le droit pontifical et surnaturel. Il jeta sa couronne plébéienne et sa dignité royale aux pieds d'Innocent III et reçut des mains du pontife cette couronne d'Aragon, vassale désormais du Vatican, et voilée d'un mystère et d'un nuage. Il jura l'extermination des hérétiques et se mit à l'exécuter à son retour en Provence.

IL y avait dans l'Albigeois, aux portes même d'Albi. le château del'Escure 1 donné, disait-on, par Robert, roi de France, à Sylvestre II, l'illustre pape aquitain. C'est de ce château que le cardinal d'Albano s'était, avec la croisade et la dévastation, précipité sur l'Albigeois. Il en avait chassé les fils de Vézian auquel Gerbert l'avait inféodé. Ces chevaliers avaient embrassé le catharisme. Après la croisade ils étaient rentrés dans leur manoir paternel. Le roi d'Aragon vint assiéger l'Escure, en rendit hommage au pape, et consentit à payer un cens annuel à l'Église romaine 2. Pendant qu'il se faisait ainsi le vassal et le champion du saint-siège, ce brillant prince, non moins léger néophyte que volage époux, disputait au troubadour Ramon de Miraval le coeur d'Aladaïs de Boissezon, dame de Lombers, et déjà projetait de répudier la reine Marie de Montpellier. Telles étaient les inconséquences de ce jeune roi qui devait être un héros de l'Espagne contre l'Islamisme, et un martyr de l'Aquitaine contre Rome et la France.

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