‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 219 sur 292 · Hist, du Lang., t. V. — Ad. au 1. xi, n · texte numérisé non relu

Hist, du Lang., t. V. — Ad. au 1. xi, n

Cependant le chapitre de la cathédrale de Toulouse donna un successeur à Ramon de Rabastens. C'est le fameux Folco ou Folchetto, abbé du monastère de Floréja, près du Toronet, dans le diocèse de Fréjus. Il était fils de Messer Amfos ou Alphonse, riche marchand génois établi à Marseille. Il était beau, plaisant, libéral, amoureux du plaisir, habile à faire des vers et à les chanter sur la harpe. Ce n'était pas un poète, mais un versificateur d'intrigue et d'ambition. Il ne fut jamais classé qu'au douzième rang des troubadours provençaux1. Le jeune marchand fut accueilli pour ses chansons à la cour du vicomte, et maître, par la mort de son père, d'une grande fortune, il rechercha la faveur des rois. Il fut chéri de Richard Cœur de Lion, d'Alphonse V, d'Alphonse le Chaste, roi d'Aragon, et de Ramon V, comte de Toulouse. Mais le séjour favori où son cœur inconstant le ramenait toujours, était la petite cour provençale de Barrai, vicomte de Marseille. Foulques était amoureux de la belle Aladaïs de Rocamartina, femme d'En Barrai. Mais quelque charme que la vicomtesse trouvât dans la personne et dans les chants du poète, elle ne consentit jamais à lui faire plaisir d'amour. Dans ce temps de décadence sentimentale, les troubadours ne se contentaient plus de soupirs, de tendres regards, et de faveurs mystiques. Soit versatilité vagabonde, soit secret espoir de vaincre par la jalousie la vertu d' Aladaïs, Foulques porta son poétique encens aux deux sœurs du vicomte ; Laura, dame de San-Jorlan, et Mabilia,

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