‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 234 sur 292 · Arch. de Foix. — Doat. XVII · texte numérisé non relu

Arch. de Foix. — Doat. XVII

engagée déjà sous la porte cintrée, la fit reculer violemment, pour l'expulser de la ville, domaine, disait-il, de saint Antonin. Sicard et Adhémar, les fils de Fais, accoururent venger leur mère, la cité dont ils sont les citoyens, et leur souverain le comte de Foix. Les consuls léonistes de Pamiers, insultés également dans leurs libertés, prennent parti pour les chevaliers cathares. Le tumulte tourne bientôt en combat. Les hommes d'armes de l'abbé sont refoulés dans la Tour. Les prêtres et les moines se réfugient dans l'église du Camp. L'impétueux Sicard, exaspéré contre les moines, par leur perpétuel conflit sur les pêcheries de TAriège, s'élance après les fugitifs, et frappe l'un d'eux d'un coup de lance qui lui fait jaillir du front ses deux yeux sanglants. 11 fait bondir son cheval dans la nef, et dans sa fureur, va frapper un prêtre qui se dérobait devant l'épée dans l'inviolabilité de son office et du saint lieu. Selon le chroniqueur delà croisade, il le tua sur l'autel. Pendant que les chevaliers pourchassaient ces soldats et ces moines effarés, les consuls recueillaient la vénérable Faïs éperdue dans le tumulte, et la conduisaient triomphalement dans les hospices du Castellar où l'attendaient, non moins anxieuses, Phiiippa et Esclarmonde de Foix *. (Avril 1207.)

Le lendemain, le comte Ramon-Roger, instruit de l'outrage fait à sa parente et à lui-même, arrive courroucé aux portes de Saint -Antonin. [1 demande les clefs du monastère. L'abbé les refuse, puis, crai-

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