‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 236 sur 292 · P. de Vaux-Cernay · texte numérisé non relu

P. de Vaux-Cernay

sigea avec le comte, et put ramener son troupeau dispersé dans le cloître désert de Saint-Antonin. C'est au plus fort de ce tumulte monastique que Pamiers célébra par des fêtes la consécration de la grande diaconie du Paraclet et l'exaltation de l'archidiaconesse Esclarmonde.

L'abbé Vidal, quelques jours après, reçut, dans son cloître exorcisé, l'évêque d'Osma, les légats romains et les missionnaires de Gîteaux. Le monastère, à un mille au sud de Pamiers, était comme un camp catholique qui se formait pour assiéger le capitole cathare. Ils entrent dans Pamiers, ils montent au Castellar, ils trouvent Esclarmonde telle qu' une grande prêtresse du Paraclet. Un déû fut lancé. Vint-il de là fière Esclarmonde ou des légats hautains et menaçants? Nous l'ignorons. Mais ce défi fut relevé; une conférence fut convenue, et le jour et le lieu furent •arrêtés sur-le-champ. Des messagers furent aussitôt envoyés vers les évêques de Toulouse, de Commenges, de Conserans; aux abbés de Bolbonne, de Saint-Volusien de Foix, de Saint-Pierre de Lezat, de Saint-Etienne du Mas-d'Azil. Des hérauts non moins rapides portèrent le cartel catholique au patriarche Gaucéli à Mirepoix, à Guilhabert de Castres à Fanjaus, à tous les tenants johannites des Pyrénées. Esclarmonde, qui devait figurer dans leurs rangs, prêtait à la discussion sa propre ville, son propre manoir, le Castellar de Pamiers. Et, pour ajouter à la solennité, la conférence devait avoir lieu en présence du comte et de la cour de Foix.

La conférence de Pamiers fut la dernière ; elle fut la plus éclatante et la plus célèbre. Elle ne fit crue

précéder la croisade. Après, viennent les chocs de lance des batailles. Or, sachons pourquoi nos pères tirèrent l'épée. Combattirent-ils, moururent-ils pour Terreur ou la vérité ? Moururent-ils pour la justice, la liberté, la civilisation, les droits imprescriptibles du genre humain? Leur cause religieuse et politique méritait-elle vingt ans de guerre et le sacrifice d'un million d'hommes? Avant de nous engager dans le sanglant récit des croisades, tâchons de reconstituer le système de la théologie cathare et de compléter le tableau de la société romane.

Page 1