P. de Vaux-Cernay. — G, de Puilaurens
tal, supporte dans les airs son inexpugnable et gracieux donjon crénelé aux trois tours phocéennes. Agé d'environ cinquante-cinq ans, de haute taille, de forme athlétique, blond, l'œil bleu, la face vermeille, la tête haute ainsi que le cœur, majestueux et souriant, Ramon-Roger était l'un des princes les plus éloquents et les plus valeureux de son siècle1. Les barons du Sabartez et de Cerdagne, les Rabat, les Lordat, les Castelverdun, les D'Alion, les fils d'Impéria, l'accompagnaient. Par la porte de l'Olmèt et par le chemin tournant du Sud, il entra dans les cours du Castellar. Descendu dans la salle capitulaire, décorée de mufïïes d'ours et de hures de lion, trophées de ses chasses dans les Pyrénées ou les déserts d'Orient, il prit place sur une haute estrade, entouré de la famille comtale et de son escorte chevaleresque. A ses côtés s'assirent Philippa de Montcada sa femme, et Ermessinde de Gastelbon, sa jeune bru ; ses sœurs Esclarmonde de Lisle, vicomtesse de Gimoez, et Gécilia de Gommenges, vicomtesse de Conserans. Esclarmonde, la grande matrone cathare, la promotrice des conférences, devait en être aussi l'héroïne, résolue de se mesurer avec les Romains. Sézélia, nous l'avons dit, était léoniste, et croyait les doctrines prêchées dans ses montagnes par Félix et Claude d'Urgel, et plus anciennement encore par Vigilance de Caligurris, défenseur de l'antique liturgie espagnole. Auprès du comte se tenaient encore les infants de Foix, Roger-Bernard, son héritier présomptif, Améric et Loup, et leurs