G. de Tudelle
jeunes soeurs, dont l'une portait le nom de sa docte marraine, la châtelaine du Castellar. Leurs cousins de Gonsérans et de Marcafaba : Arnauld de Villemur, l'oncle de ces derniers, seigneur de Saverdun, l'un des chevaliers les plus accomplis de ce temps, et son frère le vaillant Amiel de Palhers. Pons Adhémar de Rodelha, seigneur de Durfort, précepteur chevaleresque des princes. Pierre de Durban, seigneur de Montagut, chevalier-troubadour qui portait dans les batailles la bannière comtale de Foix. Les fils de Bélissen, seigneurs de Mirepois, et leurs trois rameaux masculins, les Batailla, les Arnauld-Roger, et les Isarn de Fanjaus. Leurs branches féminines comprenaient les Marliac, les Arvigna, les Vernholas, les Castilho, les Mauléon, les Montservat, les Massabrac. Les Peyrat de l'Olmès, et leurs deux rameaux, les Peyrota et les Peyréla. Ramon de Peyréla, on le sait, était le châtelain de Montségur ; et leurs alliés, lesLavélanet, les Bélestar, les Lantar et avec ceux-ci Corba, la fiancée mystique du héros cathare du Thabor.
A l'annonce des conférences, ces barons étaient descendus de leurs manoirs pyrénéens. Ils s'étaient rangés autour des évêques dont ils formaient la garde chevaleresque. Ils les escortaient avec ce guerrier et mystique amour qu'inspiraient les apôtres du Paraclet. Ils entrèrent dans Pamiers dans toute leur pompe féodale et mirent pied à terre dans les cours du Castellar. Plusieurs chevaliers figuraient au nombre des évêques albigeois. A leur tête était le vénérable Gaucéli, patriarche de Toulouse ; mais sous l'ombre de ce vieillard, le chef réel de
l'église cathare était Guilhabert de Castres, son coadjuteur, illustré par la conversion des princesses delà maison de Foix, et par sa lutte à Montréal contre l'évêqued'Osmaet son compagnon Dominique de Guzman. Il allait retrouver au Castellar ces deux . : Espagnols. Avec Gaucéli et Guilhabert venaient probablement Bernard de Simorra, Bénédict de Termas, Pierre de Corona, Peyrota de Glermont, Ramon de Blasco1 et Ramon de Mirapéis (Bélissen). Ces évêques gnostiques portaient une robe noire, un chaperon en forme de tiare, un cordon sur la poitrine à la manière des brahmes indiens, et dans un fourreau de cuir l'évangile selon saint Jean, l'apôtre de la lumière et de l'Orient. Leur face pâle, leur taille amaigrie, leur corps presque transparent, leur voix plaintive, je ne sais quoi de lumineux et d'aérien, tout révélait en eux, selon leur doctrine, dont ils étaient les vivants symboles, des anges exilés sur la terre, et qui n'aspiraient qu'à rouvrir leurs ailes vers le ciel.
La phalange catholique se composait de Raoul, le plus modéré des légats de Rome sacerdotale, non moins hautains et non moins impérieux que les ambassadeurs de Rome consulaire et impériale; de Foulques, d'abord doucereux troubadour, puis moine mélancolique, enfin violent et fanatique évêque de Toulouse; deNavarra, évêque de Conserans, homme ferme et capable ei qui fut depuis légat pontifical ; de Diégo d'Azevedo, évêque d'Osma, en Castille, et probablement aussi de son compagnon Dominique