‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 256 sur 292 · Réponse du docteur Garcia, de Toulouse · texte numérisé non relu

Réponse du docteur Garcia, de Toulouse

2. Lamennais : Esq. d'une philosophie. — Il n'existe qu'une substance : seulement nous ne savons pas comment elle se trouve, tantôt à l'état d'esprit, tantôt à l'état de matière.

pensée de saint Paul : C'est par la foi que nous savons que le monde a été fait par la parole de Dieu, et que les choses visibles ont été tirées de choses invisibles. (Hébr. xi, 3.) Paul et Thomas inclinent ici à la cosmologie cathare. Le monde donc, émané de Dieu, est, quant à son principe positif, quelque chose de vivant, et, quant à son principe négatif, quelque chose d'illusoire ; il est à la fois divin et fantastique. Le manéisme disait avec l'Inde : Le monde est un rêve de Dieu, la Mahia, mais un rêve douloureux, un cauchemar. Les cathares, comme tous les Alexandrins, ne pouvaient se débarrasser d'une contradiction inhérente à leur système : le mal était et n'était pas, tantôt principe réel, tantôt forme illusoire et personnification du Non-Etre. Ils eussent chanté avec David : L'homme est un phénomène errant dans le monde des apparences. (Ps. xxxix, 7.) Et cependant ce monde était à leurs yeux un animal. Saint Augustin est encore manichéen lorsqu'il dit : Cœlum cœli creatura est aliqua intellectualisé. Dans l'Apocalypse, la cité de Dieu est vivante et intelligente. « Rien n'est matière dans les demeures de l'Esprit, rien n'est mort dans les lieux de l'éternelle existence2. » Une vie immense palpitait dans l'univers. Les monts, les bois, les fleuves, les vents avaient leur voix, leur langage, leur cantique. Les plantes même avaient des affections, des sentiments. Les cathares croyaient, comme saint Augustin, que la figue détachée du rameau maternel pleurait des larmes de

1. C'est la cité vivante et intelligente de saint Jean. Apoc. XX.

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