‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 268 sur 292 · Guilhem de Puilaurens. Ch. VIII · texte numérisé non relu

Guilhem de Puilaurens. Ch. VIII

L'abbaye de Saint- Antonin hébergeait les champions romains qui, chaque matin, revenaient le long du rivage de l'Ariège et se retiraient processionnellement, chaque soir, la croix en tête, et chantant le Veni spiritus ! Les évêques albigeois étaient recueillis avec amour, sur le Castellar même, dans le palais d'Esclarmonde. Les consuls de la cité festoyaient les chevaliers et les troubadours. A la tête des harpéors figurait sans doute le grand Maître d'Amour, le vénérable Arnauld d'Aniel, poète et théologien, et l'héroïne de ses chants Na Bonavillaria, que le ménestrel vieillissant célébrait encore sous les noms mystérieux de Bel-Esper (Bel-Espoir) et de Miels que ben (Mieux que bien), espoir qui remonte maintenant vers les horizons célestes, amour qui se perd dans le souverain Bien. La salle capitulaire du Castellar ne pouvait contenir, si vaste qu'elle fût, qu'un nombre très limité d'auditeurs privilégiés. La foule ondulait et murmurait au dehors comme une mer autour du monticule sacré. Les chevaliers s'en dédommageaient, hors des murs', par des tournois où ils aiguisaient leurs lances comme pour les prochaines batailles du Paraclet. Tout Pamiers retentissait de bruits d'armes, de discussions théologiques, de chants et de sons de harpe. Revenons aux conférences du Castellar.

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