‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 277 sur 292 · Beausobre, IL · texte numérisé non relu

Beausobre, IL

était de même de celle du vin, et ce banquet rappelait les agapes primitives. Remarquons que le manéisme occidental admettait le vin que rejetait le manichéisme oriental 4.

Les cathares, comme les premiers chrétiens, s'envoyaient ce pain consacré dont le pain bénit catholique est un souvenir. Pendant les persécutions on le gardait, et l'on en mangeait isolement des parcelles, en témoignage de la communion des saints en celui qui est le pain du ciel. Mais le principal sacrement cathare, c'était le baptême. Hardis logiciens, ils avaient supprimé le baptême de l'eau qui est. celui de Jean-Baptiste et lui avaient substitué le baptême de l'esprit ou de la lumière qui est le vrai baptême du Christ. Dans le christianisme ordinaire, le sacrement principal, essentiel, générateur, c'est l'eucharistie, symbole du sacrifice du Christ. Mais dans le catharisme, il n'y a point de sacrifice, dès lors point d'eucharistie proprement dite, et la cène est tombée au rang secondaire d'une agape. Le catharisme étant une purification, le baptême a pris le premier rang, est devenu le sacrement principal, unique. Nous l'avons dit précédemment, le catharisme est plutôt la religion du Paraclet que celle du Christ. Dès lors le sacrement générateur du paraclétisme est le baptême de l'Esprit.

Les cathares aquitains l'appelaient Conort ou Consolament. Ils l'administraient par l'imposition

i. Le mahoniétisme rejette aussi le vin, consacré par le Christ.

des mains, accompagnée d'une prière, selon l'usage apostolique (Act. vin, 12. — xm, 3.-2 Tim. i, 6). Il n'était donné que dans l'âge adulte, parce qu'il suppose la foi, Il était le signe d'initiation des Parfaits et de consécration des diacres et des évêques, comme le baptême des premiers temps. Vivant, il introduisait l'adepte dans le sacerdoce; mourant, il l'introduisait dans le ciel. Aussi, ce moribond, pour faire une bonne fin, se mettait entièrement entre les mains des diacres. Il fallait que le malade eût tous ses sens. On ne s'écartait de cette règle que pour les guerriers blessés à mort. Mais d'ordinaire les chevaliers s'y préparaient par V Apareillament, préliminaire qu'ils demandaient aux évêques avant la bataille *. Ainsi les cathares conservaient les deux sacrements primitifs, ou plutôt avaient substitué à l'eucharistie, le baptême devenu en quelque sorte le sacrement unique et immensément développé dans un sens spirituel. Les catholiques au contraire matérialisaient les sacrements, dénaturaient l'essence du baptême ajoutant à l'eau l'huile et le sel, mutilaient l'eucharistie par le retranchement de la coupe et du vin, changeaient la table en autel, la cène en sacrifice, et multipliaient à l'infini le sacrifice un, unique, universel du Calvaire. Les léonistes s'en tenaient strictement au baptême de Jean et à l'agape du Christ.

Du Paraclet, son céleste chef, l'Église cathare prenait le nom d'Église de la Consolation. Elle n'était composée que des Parfaits, c'est-à-dire de ceux qu^

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