‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 278 sur 292 · Siège de Montségur · texte numérisé non relu

Siège de Montségur

avaient été initiés à la perfection cathare par le rite générateur du Consolament, ou baptême de l'Esprit. Ces Parfaits ou Consolés portaient une robe noire, en signe du deuil de l'âme, et sur leur tête un chaperon en forme de tiare grecque ou orientale. C'était proprement la barreta ou berret des montagnards pyrénéens dont le large disque arrondi dessinait autour de leur crâne d'ivoire comme une auréole d'ombre. Ils coupaient leur barbe et laissaient pousser leurs cheveux à l'opposé des moines qui ne rasaient pas leur menton et tondaient leur occiput. Ils cachaient sous leurs vêtements un fil symbolique, un cordon sacerdotal à la manière des Brames de l'Inde l. Les Parfaites portaient à leur front un diadème ou couronne symbole de royauté mystique. Ces emblèmes, dont ils justifiaient l'usage par l'Évangile, étaient des réminiscences de l'Orient. On disait alors : un diacre revêtu, une diaconesse couronnée. Les Parfaits et les Parfaites observaient le célibat le plus strict. Mais quelquefois ils vivaient ensemble, et les catholiques, dont les prêtres avaient des moeurs analogues, flétrissaient ces Parfaites du nom outrageant de concubines2. C'était un reste des Agapètes et des Sunercomènes de la primitive Eglise. Ces compagnes des prêtres chrétiens n'étaient elles-mêmes que les hétaïres des philosophes grecs. La Grèce antique avait légué ces mœurs douteuses aux catholiques et aux cathares. Elles indignaient saint Jérôme, exposé

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