Baron d'Agos
romaine, n'avait pour séjour que des manoirs tellement obscurs qu'il est impossible à l'historien d'indiquer où tenait sa cour le chef glorieux des cinq rameaux des enfants d'Asnar.
Ainsi la roche du Lugdunum devint sacerdotale. Cette substitution n'eut pas lieu sans combat. A défaut de l'histoire muette écoutons la légende. A peine installé dans sa forteresse épiscopale, Bertran s'y voit assiégé. Par qui? Par un dragon. Un crocodile du Nil avait remonté la Garonne. Il ravageait les cantons environnants, dévorait les femmes, les enfants, les troupeaux, épouvantait le Val d'Aran. Bertran, aux gémissements de son peuple., descend de sa montagne, va droit au dragon, le touche de son bâton pastoral, pose sur sa tête le bout de son étole, et le monstre, béant et rugissant, s'apaise et suit, bêlant comme un agneau, l'homme de Dieu, et rampe le long des ruelles escarpées, j usqu'au seuil de la cathédrale où il expire.
C'est à l'histoire à interpréter la légende. Ce crocodile est évidemment un frère de la Tarasque. Les Cantabres avaient une tribu du Dragon, témoin les nombreux Tarascons qu'ils ont fondés dans le Midi1. Marthe, sur les bords du Rhône, vainquit le dragon païen. Bertran, sur les rives de la Garonne, triompha du dragon hérétique. Marcos était venu de Memphis. Le priscillianisme était donc un crocodile du Nil. Ce monstre, c'est le catharisme pyrénéen. Il se fit une insurrection, patriote contre le roi de France, hérétique contre le pape de Rome.