‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 280 sur 292 · Voir 1. II. ch · texte numérisé non relu

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oriental. Le sacerdoce devait répugner à l'Église de l'Esprit, libre comme les vents du ciel 4. Son mode de formation successive est marqué par les grades de ses ministres. Son premier pasteur, laïque, fut l'ancien; le second, déjà prêtre, fut le diacre; le troisième, chef sacerdotal, fut l'évêque. C'est ainsi qu'en imitation de l'Eglise chrétienne ou pour mieux lutter contre sesadversaires et résister aux persécutions le manéisme égalitaire et laïque se trouva jeté dans les cadres hiérarchiques et dans l'organisme sacerdotal. Il en était à Tépiscopat quand parut Manès qui, s'inspirant du génie de l'Inde, conçut le plan gigantesque d'une monarchie théocratique. Il lui donna pour base le type apostolique ou plutôt moïsiaque. Un pape électif, douze patriarches, soixante-douze primats inférieurs, des évêques, des diacres, des anciens, composaient la hiérarchie immense. La monarchie manichéenne (si du moins son plan gigantesque a pu jamais s'exécuter) se composait de douze provinces qui se subdivisaient en soixante-douze diocèses, et conséquement chaque primat avait six sufFragants surbordonnés. Le pontife souverain, à l'exemple du Christ, et pour fuir la persécution n'avait ni résidence fixe, ni siège déterminé. Pasteur infatigable, il allait sans relâche visitant dans le mystère et dans l'orage ses troupeaux épars sur toute la face de l'univers. On a prétendu que ce pontife nomade n'était pas un pape, mais le Paraclet luimême. Le Paraclet, effectivement, était le chef invisible de l'Église cathare, comme le Christ était le chef

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