‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 285 sur 292 · LE FILS · texte numérisé non relu

LE FILS

1. Après 4,000 ans, enfin, paraît le Christ, le Logos. Il n'est point né d'une femme. Sa mère n'est point Marie, mais la Mani, la Rouait céleste.

2. Il n'est point né dans une étable. Sa crèche c'est l'Azur. Si une femme l'avait conçu, il ne serait pas sorti des entrailles, mais de la tête, des lèvres. Non vulva, sed valva Yerbi.

3. Mais non, le Fils du ciel descend d'astre en astre, avec la majesté d'un Dieu.

4. Pour vivre parmi les hommes, il revêt le voile de la chair, et prend le nom et la figure de Jésus, fils de Joseph.

5. Il apparaît sous César-Auguste, il vit sous Tibère, est condamné par Caïphe, Hérode, Pilate, le vieux monde juif et romain.

6. Que vient-il faire? Un inonde nouveau; un monde de justice, de vérité et d'amour.

7. Il vient montrer la Voie perdue, rétablir la Vérité méconnue, ranimer la Vie expirante du genre humain. (Jean XIV, 6.)

8. Il prêche, agit, lutte, souffre, pleure, guérit, ravive, agonise et meurt sur la croix.

9. Non, un immortel ne peut mourir. Il représente la grande tragédie humaine. Il reste vainqueur du péché, de la mort, du sépulcre, et les traîne à son char triomphal.

l'esprit.

1. C'est la Rouah, la Mani, la Mens. Spiritus est qnod spiratur et a quo vivitur. Le Souffle, l'Amour, qui unit le Père et le Fils dans le ciel, opère la fusion des âmes dans le monde.

2. Il est descendu, à la Pentecôte, sur les apôtres et principalement sur le Bien-aimé. Jean a fondé notre Eglise, Jean est notre patriarche; Pathmos est notre herceau, l'Apocalypse est notre Genèse.

3. Nous avons encore d'autres pères spirituels, le grand Origène, Marc de Memphis, Priscillien d'Avila, Pablos d'Arménie, Erigène d'Irlande, Lisois d'Orléans, Nicétas de Constantinople.

4. Notre Eglise a les vertus du Paraclet. Elle est pure et purificatrice, sainte et sanctifiante, consolante et consolée dans l'exil du monde.

5. Elle est la consolation de l'univers. Elle dédaigne le monde, abhorre le sang, éteint l'enfer, convertit Satan, proclame le salut universel des hommes et des anges,

6. Dieu est esprit et nous l'adorons en Esprit. Notre culte est immatériel. Point de pompes, point d'images, point d'hommes divinisés, point de rites

de la mort, point de spectacles sacrés, ni de théâtres sacerdotaux.

7. Point de monachisme ni de cénobitisme, point de légendes fabuleuses. L'Evangile pur, et la lieur de l'évangile du Boanerge. Point de villes saintes : ni Romes ni Meckes; surtout point de pontifesdieux. Nous abhorrons la théocratie.

8. Nous sommes l'antinomie de Rome. Son nom est Force, le nôtre est Charité. Pierre use de l'épée; Jean n'use que de la parole et de l'amour. Rome est l'empire romain sacerdotal; ses papes sont des Césars. Innocent III est Tantichrist.

9. Jean ne marche plus avec Pierre. Son compagnon est Paul. Nous aimons les disciples de Paul de Tarse, de Pierre de Brueys, d'Arnaud de Brescia. Ils luttent avec nous dans la tempête. Nous les renfermons comme la nuée du désert contenait le Verbe de Jéhova1.

Telle est la triple ennéade qui compose le Décalogue du Thabor pyrénéen.

Donc, dit ensuite Gaucélis, manithéisme est monothéisme . Puis, regardant en face ses adversaires, il ajouta : C'est vous qui êtes dythéistes et polythéistes.Vous adorez l'homme, et vous éternisez Satan. Vous élargissez incommensurablement l'enfer. Vous le transportez sur la terre. Dans vos fêtes de Moloch, vous brûlez les Amis de Dieu» Vous noircissez les

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