‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 287 sur 292 · Condamnations de Ramondi et de Baimiac à Toulouse · texte numérisé non relu

Condamnations de Ramondi et de Baimiac à Toulouse

par le grand portail latéral, et de la forteresse par la haute arcade septentrionale. Ils descendent dans les rues de Pamiers en chantant les strophes de l'hymne de la colère et de l'effroi.

Dies irae, dies illâ Sôeclum solvet in favillâ Teste David cum sibyllâ.

A ces chants funèbres, la ville en fête et couronnée de fleurs, ressentit comme le frisson de la mort. Ses murs de briques rouges parurent jeter une sueur de sang et un reflet de feu1. Les cours d'amour cessent, les tournois sont suspendus, les harpes se taisent, comme des oiseaux effarés. La Sibylle l'annonce, un siècle va être réduit en cendre, l'Aquitaine va mourir. La procession et l'hymne lugubre se prolongent dans la plaine, ondulent sur le rivage de l'Ariège et vont se perdre dans la forêt de Bolbone, sépulture des comtes de Foix, et vers l'abbaye de Saint- Antonin, métropole future de la croisade. La croisade délibère déjà dans ce cloître avec son chef, l'abbé de Gîteaux. Les cathares, escortés par les barons, regagnèrent paisiblement leurs grottes et leurs déserts, en soupirant : Dieu est amour !

1. Carcassonne vit des gerbes de sang, Toulouse vit des croix de feu.

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