‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 38 sur 292 · VariUes · texte numérisé non relu

VariUes

à l'ennemi sa métropole, une grande clef de la Loire ; trahison affectuée plus tard par son successeur Vérus. Déporté d'abord à Toulouse, puis de là en Espagne, Volusien fut, dit-on, massacré sur les bords de l'Ariège, par les Goths des Pyrénées. Clovis introduit par Vérus et conduit par le sacerdoce catholique, ce cerf blanc qui lui montrait le gué des fleuves, passa la Loire et vainquit à la bataille de Vouglé. Le carnage fut tel, que, selon la tradition symbolique, une source de sang jaillit dans Toulouse, comme du cœur transpercé de l'aquitaine. Le Sicambre fit recueillir les reliques de Volusien, invoqué comme un saint et comme un martyr par les Francs. Le clergé romain instruisait les Aquitains vaincus à vénérer des saints sicambres. Du fond de leur sépulcre ils veillaient sur la conquête, et, dans le cas de révolte, appelaient les invasions du Nord sur le Midi. Du tombeau de Volusien sortit un monastère; autour du cloître se forma un bourg, sur les ruines de la colonie grecque et romaine ; et, pour garder cette porte des montagnes un castellum s'éleva sur le rocher fatidique. Gharlemagne agran- . dit encore cette forteresse monastique, tournée au nord contre les Aquitains, au sud contre les Maures. Le fort, le bourg et le cloître, d'abord divisés, se groupèrent pour les nécessités de la défense, au confluent de l'Ariège et de l'Arget1, et formèrent enfin la cité de Foix qui, néanmoins, n'apparaît dans l'histoire qu'au xe siècle. Ses vieilles tours féodales se dégagent, seulement alors, des ténèbres tumul-

1, Aurigera et Argentifer.

tueuses de la barbarie, comme après une nuit orageuse on voit encore leurs créneaux, blanchis pai un premier rayon, sortir des vapeurs flottantes du matin (1002).

Au xe siècle, Foix relevait de la maison de Commenge, antique race ibère, souveraine, entre l'Aude etl'Adour, du massif central de Pyrénées. Elle comptait parmi ses ancêtres Loup, qui vainquit Charlemagne, etAdcantua, qui combattit César1. Astnar, prince des tribus que Pompée fit descendre des cimes espagnoles, et parqua comme un troupeau dans les vallons où coulent les sources de la Garonne, est la souche commune des comtes de Gommenge, de Carcassonne, de Foix, de Gonserans, de Palhars, d'Andorre et même de Barcelone. Il régnait de son chef sur ces hantes vallées appelées, au moyen âge, le pays des neiges, ou Nébousan. Son trône de granit était au pied de la Maladetta et du Salao qui se creuse comme le siège de Géryon. Lugdunum des Convenae, dont il ne restait- plus, depuis les guerres exterminatrices des enfants de Clovis, qu'une forteresse en ruines, était sa capitale de bercails, sous le nom de Val Cabrère, la vallée des Chèvres. Arnauld, fils d'Asnar, augmenta considérablement ses domaines, en épousant Arséna ou Arsendis, infante gothe héritière de la comté de Carcassonne. Ramon Ier, leur petit-fils, détacha de son vaste patrimoine la haute vallée de l'Ariège, avec les montagnes latérales qui versent leurs eaux dans ce gave, depuis

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