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nage à Jérusalem (1160), traversa la Septimanie et trouve partout des synagogues; à Narbonne , 300 juifs; à Lunel, 300; à Saint-Gilles, 100; à Beaucaire, 50. Narbonne, ville maîtresse pour la loi, avait parmi les docteurs fameux le rabbin Calonimo, fils du grand prince et rabbin Théodorede la race de David. Il possède de grands biens sous la protection des princes. A Béziers, une synagogue fort studieuse et des rabbins excellents pardessus tous les autres. A Montpellier, des disciples très célèbres de la sagesse, riches, charitables envers les. pauvres, pitoyables envers les affligés. A Lunel, une académie où les israélites étrangers venaient étudier la loi, sous les fils très sages et très riches du fameux docteur Meschulam. Les élèves étaient entretenus par les synagogues alors très zélées, et toutes retentissantes de querelles scolastiques, entre les partisans et les adversaires de l'illustre rabbin de Gordoue, Moïse Maimonide.
Gomme dans la captivité de Babylone, les juifs septimaniens se gouvernaient par des chefs de leur nation. Les Galonymos ben Théodoros formaient une dynastie de princes rabbins. Ils s'intitulaient rois des israélites de Narbonne. Ils se prétendaient de la race de David, et leur sceau royal portait un écu armorié au Lion rampant; c'est le Lion de la tribu de Juda1. Les comtes dont ils remplissaient les tré-
L Académie des inscriptions : séance du 9 août 1872. Scel Moumet judeu de Narbo. — Mometus Taurosius rex Narbonse. Moumet est le diminutif enfantin de Galonymos, et Taurosius est l'adjectif altéré de Théodoros.
sors, protégeaient les juifs; ils étaient leurs ministres des finances. LesTrencabel vicomtes de Carcassonne eurent tour à tour pour argentiers plusieurs juifs: Nathan, Samuel et Moïse Caravita.
Guilhem VIII , comte de Montpellier, permit aux israélistes de fonder, dans cette ville où ils avaient déjà une académie célèbre, une chaire libre de médecine, vieille souche de l'école perpétuée jusqu'à nos jours. Ce même prince protégeait également les autres sciences dans sa capitale. Placentin, né dans ses murs, et après lui Azzo de Bologne y professèrent le code récemment découvert de Justinjen . Le droit romain y florissait pacifiquement à côté de Ja médecine juive et de la philosophie arabe. L'Aquitaine était un champ ouvert à toute sagesse orientale. Enân une langue venait d'éclore, première née des langues néolatines , premier rossignol de ce printemps social; une poésie sentimentale, ingénieuse et guerrière ; et Ramon V eut pour clairons retentissants les troubadours.