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frère, comte de Bretagne. Georïroi vaincu se retira à la cour de France où il périt dans un tournoi foulé sous les pieds des chevaux. Alors Bertran attisa la guerre entre Philippe- Auguste et le Cœur de Lion. Puis il poussa les deux rois à la croisade, espérant qu'ils iraient se perdre en Orient1.
Ainsi tomba la conjuration des princes et des peuples aquitains ; conjuration toujours rompue, toujours renouée par l'infatigable Bertran, ce tisserand prodigieux dont la navette de fer, ourdissait imperturbablement ses trames de guerre, ses toiles de révolution. Ramon fut le héros national, le patriotique symbole. Bertran fut l'âme de parti, le profond politique, le champion éloquent, l'incomparable troubadour. Bertran est le plus grand des poètes chevaleresques. Il s'égale aux plus fameux lyriques de l'antiquité ; sa harpe reproduit les merveilles des temps fabuleux. Richard Cœur de Lion fit halte un jour, pendant l'hiver, aux Sables d'Olonne. Hommes et bêtes mouraient de faim dans ce désert; pas une miette de pain pour les guerriers, pas un brin d'herbe pour les chevaux; leur besoin s'irritait encore de l'àpre souffle des mers. Bertran prit sa harpe et chanta. Il chanta la princesse Laïna, Hélène Plantagenet, plus tard duchesse de Saxe, et mère de l'empereur Othon le Superbe. Richard avait encouragé l'amour de Bertran et engagé sa sœur à recevoir l'hommage poétique du grand troubadour. Bertran donc célèbre la merveilleuse beauté de sa princesse,