‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 55 sur 292 · Aladaïs, Alaza'ïs, Azalaïs · texte numérisé non relu

Aladaïs, Alaza'ïs, Azalaïs

Maintenant, dans la nuit du monde barbare du mahométisme pétrifié des califes, il dégage le fatimisme spiritualiste de l'Egypte; du judaïsme de la synagogue et du Talmud , le néorabbinisme philosophique de Maimonides ; et enfin du catholicisme romain, une recrudescence de monachisme orthodoxe, et de manéisme indépendant et réformateur. De l'Orient à l'Occident, l'esprit fermente, rompt les vieux moules religieux, et partout le glaive s'arme pour remettre aux fers le divin rebelle qui brûle et qui foudroie. Saladin est le Montfort des califes de Bagdad contre le fatimisme d'Egypte, comme Montfort sera le Saladin des pontifes de Rome contre le catharisme d'Aquitaine. Des croisades s'exécutent sur le Gange, sur le Nil, sur la Garonne. Boudbiste, musulmane, ou cathare, cette révolution est partout mystique et sa mysticité partout panthéistique. Un seul principe apparaît : l'Esprit. Deux apôtres : saint Jean et Platon V.

Au-dessus de ce monde barbare toujours retentissant du choc des armes, se forma Y empire d'amour, flottant comme un rêve d'or sur la réalité de fer; et semblable à ces mirages où le soleil reproduit dans les nuées, les cités, les lacs, les bocages, les oasis que le vent roule sur le désert. Le milieu du xne siècle est la grande éclosion de l'empire d'amour. Alors tous les éléments dont il se compose, la chevalerie, la poésie, la science, la liberté communale, la législation sentimentale, arrivent, par leur

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