‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 57 sur 292 · Genèse. — Avesta · texte numérisé non relu

Genèse. — Avesta

déesse. Cette divinisation de la femme sort d'une double racine ibère et chrétienne. Les Ibères, comme les Germains, voyaient dans leurs compagnes quelque chose de prophétique et de divin. La femme ibère avait un nom, et nommait la famille ; on disait : les fils de Bélissena, d'Impéria, d'Olivéria. L'époux s'effaçait comme Joseph devant Marie, et Marie monta dans la gloire et siégeait sur le trône de lumière 5 mère virginale d'un Dieu. On voit la place que Platon a prise dans la transformation du mythe d'Eve, dans le mythe mariolâtre; et la transfiguration de la femme biblique, dans la femme cathare, reine de l'empire d'amour1.

Cet empire d'amour se calquait sur la société féodale de l'empire de Gharlemagne. Il avait son droit qui régissait la nation des amants, ses écoles modelées sur l'enseignement scolastique, et sa jurisprudence romaine. On légiférait pédantesquement en amour d'après Aristote et Justinien. Il avait son code, ses tribunaux, ses assises, ses procès toujours pendants, et naturellement les dames composaient la gracieuse hiérarchie de cette magistrature érotique2.

Le chef de cet empire des cœurs, le Dieu qu'adoraient ces châtelaines sentimentales, n'étaient pas un enfant ailé, comme l'amour antique. L'amour était devenu adulte; il avait des formes viriles; c'é-

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