‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 60 sur 292 · Trionfo d'amore · texte numérisé non relu

Trionfo d'amore

ter entre personnes mariées? Jugement de la comtesse de Champagne : Non. — Est-ce entre amants ou entre époux qu'existe la plus vive affection? Jugement d'Ermengarde de Narbonne : Nulle comparaison n'est possible. — L'amante d'un chevalier, mariée à un autre chevalier doit elle repousser son ancien amant? Jugement d'Ermengarde de Narbonne : Non, ou renoncer à l'amour1.

Ermengarde de Narbonne était une princesse virile et vertueuse, qui se maria deux fois, mais qui n'en mettait pas moins au-dessus du mariage l'amour pur et éthéré. Le troubadour Pierre-Roger, qui se permit de lui demander merci, et de blâmer, son refus en la chantant sous le nom de Tort-N'avets [vous avez tort), fut expulsé de sa cour comme profanateur du code de l'amour pur. Elle ne voulait que de ses vers et de son encens. C'est une sorte de dualisme de manichéisme conjugal. Ce phénomène moral, est attribué par un savant critique à l'habilité où étaient les femmes du midi à posséder les fiefs2. De là des mariages d'intérêt politique, des unions de calcul matériel. Le cœur blessé de là femme échappait à la servitude du mariage féodal en s' élançant dans les sonores de l'amour chevaleresque. Cette raison, quoique fondée, se perd dans une autre plus profonde, plus générale, qui domina toute la métaphysique du moyen âge : c'est la mauvaiseté, la vulgarité, la nihilité de la matière, et

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