CHAPITRE III
Arnanieu des Escas. — Chevalerie romane. — Union de la chevalerie et de la démocratie. — De la chevalerie et de la poésie.
Arnanieu des Escas, était lui-même un type grandiose de l'amour chevaleresque, un grand baron de • l'empire sentimental. 11 faut se le représenter dans son château de Bigorre, ou de Béarn, au pied des , Pyrénées. « Le seigneur Arnanieu des Escas, au sortir de table, étant l'hiver auprès d'un bon feu dans la salle bien jonchée ou tapissée de nattes, ayant autour de lui ses écuyers, s'entretenait avec eux d'armes et d'amour; car tout dans sa maison jusqu'aux derniers valets, se meslait d'aimer1. » Arnanieu est déjà l'image anticipée de Gaston Phébus.
Primitivement le chevalier était l'homme de cheval. Le baron montait seul le palefroi; le bourgeois ne montait que le roussin pacifique ; le serf ne montait que l'âne agreste. Il en résultait que la chevalerie était nécessairement féodale, et la chevalerie féodale,