‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 71 sur 292 · Sainte Palaye, I · texte numérisé non relu

Sainte Palaye, I

la transformation delà cavalerie barbare. En France, en Angleterre encore plus, plus surtout en Allemagne et dans les pays germaniques, la chevalerie est noble, guerrière et conquérante. Le roi seul faisait des chevaliers.

Dans les pays ibéro-romans, en Aquitaine, en Espagne et en Italie, on observe un phénomène social, la chevalerie descendue chez un plébéien courageux et jusqu'au serf artiste et poète, en un mot la chevalerie accessible à la démocratie. Dans le Nord, la chevalerie s'enracinait avec le donjon dans le rocher féodal. Dans le Midi, elle n'avait de fief parfois que la richesse, le courage, le génie. Le verrier fut annobli, le troubadour fut fait chevalier. Dans le Nord, le bourgeois ne portait pas l'ép.ée, ou ne la portait que pendue à l'arçon de sa selle. Dans le Sud, il la 'portait bouclée à son flanc; il joutait dans les tournois et chargeait dans les batailles4.

Le troubadour Arnauld de Marveil, dans une pièce didactique, caractérise ainsi, le noble et le plébéien du xne siècle : « les chevaliers ont divers mérites, les uns sont guerriers, les autres hospitaliers. Ils brillent par l'armure, ou l'élégance, ou la galanterie. Toutes ces qualités se rencontrent rarement ensemble. Mais plus on en possède plus on a de valeur. Qui n'en possède aucune n'est point chevalier. > Après les chevaliers, le poète peint ainsi les bourgeois. « Les bourgeois ont également des mérites, divers.

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