‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 72 sur 292 · Capefigue, chevalerie · texte numérisé non relu

Capefigue, chevalerie

Les uns sont de parage, les autres sont nobles par nature; les uns et les autres se distinguent par des actions d'honneur. D'autres, s'ils n'ont pas de fortune, plaisent par dits gracieux, fréquentent les cours, servent les dames, et figurent en nobles harnais aux joutes et aux jeux guerriers. Des autres je n'ai rien à dire car, qui ne sait ni bien faire ni bien dire ne mérite aucune estime, et je ne le mets point dans mes vers1. » Ainsi pour le poète démocrate, le noble et le plébéien sont également chevaliers, et nul ne l'est, s'il manque de valeur et d'éloquence. Le sot et le lâche sont mis sur le même rang, ils sont indignes de chevalerie; le coursier de leur honte, c'est l'âne2.

Écoutons maintenant le vénérable Amanieu des Escas, Nestor et pédagogue chevaleresque, instruire les jeunes damoiseaux. « Je vous exhorte d'abord à éviter la société des sots. Évitez les discours moqueurs et médisants. Pour vous faire estimer dans le monde, soyez généreux, franc, hardi, toujours prêt à dire des choses gracieuses... Si vous n'êtes pas assez riche pour avoir une belle robe, que tout le reste soit propre et galant, vos bottines, votre ceinture, votre dague. Rien ne plaît tant, et on a plus l'air de courtoisie que d'être paré simplement, et c'est ce qu'on apprend dans les cours. » « Celui qui veut réussir en amour doit être habile à tout, afin que celle qui l'aimera ne le trorfve jamais en

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