‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 77 sur 292 · Troub. Bern. de Ventadour · texte numérisé non relu

Troub. Bern. de Ventadour

HISTulRE DES ALBIGEuiS

lébra la reine, sous le nom mystérieux de Conort, consolation, parce qu'elle le consola de la perte de la vicomtesse de Ventadour. Us g aimèrent longtemps, dit le biographe contemporain, dont la naïveté ne met aucune distance entre la reine et le pauvre ménestrel. L'amour de Bernard, ne fut probablement qu'une broderie poétique pour cette violente princesse dont le cœur licencieux s'était déjà partagé entre Louis VIL roi de France, Henri II, roi d'Angleterre, le prince Ramon d'Antioche et je ne sais quel émir sarrasin1. Quoi qu'il en soit, Bernard suivit la reine en Anjou, en Normandie, en Angleterre, et partout on admira le troubadour aquitain. Mais dans cette cour anglo-normande, sous la brume et la barbarie du Nord, le doux poète resta fidèle à dona Agnès, et son cœur plaintif revolait sans cesse vers Vantadour. L'absence lui inspirait les plus tendres accents. « Que ne puis-je fendre les airs comme l'hirondelle, et porter mon cœur chaque nuit, aux pieds de celle à qui j'offre de loin mes chansons. »

« Éloigné de ce que j'aime, dit-il ailleurs, je ne m'occupe que de son image gravée au fond de mon cœur. Tous les matins le rossignol me réveille en 'chantant, et son amour me remet en souvenir ma félicité perdue !» — « 0 tendre amie, quand la brise sonffle des lieux où vous êtes, je crois respirer un parfum de paradis. Oh ! que ne puis-je vous voir seulement! Je ne veux rien de plus! Je croirai posséder Dieu lui-même2. » Ces vers certainement ne peuvent

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