Le Prieur de Vigeois
rapprocha de Bertran de Born, et mourut dans l'abbaye de Dalon, voisine de Hautefort, vers la fin du siècle.
Bernard de Ventadour a laissé cinquante chansons ; la vignette de son manuscrit le représente ainsi vêtu : grand chapeau rouge, bandeau bleu sur le front, guimpe brune encadrant la face, collerette blanche à feston bleu, tunique rouge ouverte devant, manteau et bottines d'azur. Le bleu et le rouge, symboles d'amour et de pureté, dominent dans le costume du troubadour. « Et moi, Hugues de Saint-Cyr qui écris ceci, ajoute le biographe contemporain, j'ai su toutes ces choses du vicomte Ebles de Ventadour, fils de la vicomtesse que Bernard aima K » Ce détail achève le tableau. Le vicomte de Ventadour est moins fier de sa race et de sa puissance féodale que du rayon de poésie que l'amour de Bernard attachait à son nom et aux créneaux de son manoir. La gloire du tendre harpéor fait partie de son poétique patrimoine. Bernard a laissé un reflet de son cœur sur le berceau d'Ebolus III et de Richard Cœur de Lion2.
La victoire des Anglais fut comme une invasion de barbares. Les troubadours émigrèrent et suivirent Ramon V, leur prince roman. Le belliqueux Bertran de Born resta dans le Périgord, pour relever l'esprit national et plus tard pour attiser la discorde entre Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion. Mais les troubadours pacifiques ; les chanteurs élé-