Les vie. de Ventadour
giaques se réunirent à la cour poétique de Toulouse. De ce nombre furent Arnauld d'Aniel, le grand maître d'amour, et son disciple Arnauld de Marveil. Nous laisserons sur son trône pédantesqae, le Ronsard périgourdin, et nous suivrons il men famoso Amaldq, son gracieux élève plus sympathique que son maître, au sillon lumineux de son cœur, car cela seul est immortel. Arnauld de Marveil1 était un pauvre clerc des environs de Périgueux. Il quitta sa robe noire, pour la brillante écharpe de troubadour et s'en alla chanter de châteaux en châteaux. Il était plébéien, et nous l'avons vu, démocrate ; un enfant du peuple avec des sentiments chevaleresques. Il prit sans doute part à la guerre patriotique, et proscrit après la défaite , il suivit le comte Ramon qui, prince poétique, rentra dans Toulouse escorté de troubadours. D'Aniel régnait en tyran des mots et des syllabes au castel narbonnais. Bernard éclipsait tous ses compagnons par son tendre roman et ses aventures chez les rois. Le jeune Arnauld vint à la cour plus gracieuse de Carcassonne, où une femme tenait le sceptre. Là, son sort fut fixé pour jamais, et son cœur n'aura plus pour horizon que la crénelure des murailles de cette cité. Il vit Aladaïs, et son coeur n'aima, et son luth ne chanta, que la brillante vicomtesse. Il l'aima longtemps en silence, la louant sous son chant le plus voilé, la célébrant sous le nom mystique de Belvezer. Aladaïs agréa l'hommage du ménestrel et consentit à être l'héroïne de ses chants.