‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 119 sur 506 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

que le belliqueux légat, précédé par répouvante, fit son entrée dans Toulouse en triomphateur sacer* dotal, n suivit de près sa victime, le comte Ramon, qu'il avait, fait relâcher du Louvre, et marchait deyant lui pour orner son triomphe méridional. Déjà Pierre de Golmieu, son vice-légat, avait naguère solennellement réconcilié la grande ville éperdue à l'Église romaine. Le cardinal voulut inaugurer son retour, et consacrer son départ suprême, par une pompe d'humiliation plus hautaine encore en renouvelant, devant la cathédrale de Saint- Bstèbe de Toulouse, le prodigieux scandale de spoliation et de flagellation déployé devant Notre-Dame de Paris. Il fallait que le comte fût dégradé, avili, devant son propre peuple, et dans sa propre capitale, dans le siège antique de la gloire de ses ancêtres, et que la métropole du catharisme fût témoin du triomphe de la théocratie romaine. En conséquence, devant la basilique de Saint-Étienne, commencée par Ramon IV, mais tronquée par la croisade, comme la destinée de ce prince, et à l'élégant chevet de laquelle les vainqueurs ont attaché depuis une ignoble maçonnerie, comme ils ajoutaient aux libertés consulaires du Midi, la féodalité et la barbarie du Nord, on dressa un immense échafaudage où prirent place, dans leur pompe sacerdotale et guerrière, le légat, le vice-légat, le lieutenant du roi, les évoques du l^idi, les conquérants de l'Albigeois, les consuls des villes, et les barons pyrénéens, hormis sans doute le comte de Foiz qui cachait noblement sa douleur dans ses

rochers de Tarascoa *. Ramoa VII, en présence des chevaliers, des citoyens et du peuple toulousain, comparut à ce tribunal ; le cardinal récapitula tous les articles du traité; le comte en jura de nouveau l'exécution, et prêta Thommage aux commissaires de rÉglise romaine et de la dynastie capétienne. De la scène de Notre-Dame, on ne lui épargna que les verges, dont il n'eût peut-être pas été facile de lui infliger la honte devant un peuple frémissant et éploré^. Car sa popularité redoublait dans le malheur ; on le regardait avec raison comme le martyr . de sa race ; et tous ses opprobres se tournaient à son front en auréole. Alors Romain de Saint-Ânge, Pierre de Golmieu et Mathieu de Marly, au nom du pape et du roi, remirent officiellement Ramon VII en possession de son comté restreint par le traité de Paris.

DÉ50MBREI1EHT DES TJLUS CONDAMNÉES. — LIVRAISON DBS DIX PORTE- RBSSES REMISES AU ROI. — RÉSISTANCE DE QUELQUES ROURGS ET DE QUELQUES CHATEAUX. — CAPTURE DU PAPE DES ALBIGEOIS. — MORT d'amauri de MONTFORT.

Après cette cérémonie préliminaire, le légat, à la tête des croises récemment arrivés du Nord, et des

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