‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 12 sur 506 · Chronique romane · texte numérisé non relu

Chronique romane

«on fils, acceptait en compensation de son domaine une pension du meurtrier de son mari, et vécut de ce pain trempé dans le sang du martyr. Ce triple scandale de trahison, de spoliation et de meurtre fut sanctionné par le pontife romain. L'Infant cependant partageait la fortune des comtes, élevé d'abord au donjon de Foix, puis fugitif au château de Montségur, puis exilé aux bercails de Cerdagne et d'Andorre. Le blond Faidit revint de Catalogne avec l'armée libératrice dont il était l'héroïsme enfantin et la grâce innocente et chevaleresque. Des bercails de l'exil, l'orphelin remonta de hasard en hasard, de combat en combat, jusque dans les murailles de Garcassonne. Hélas I il ne connaissait pas les demeures de ses aïeux. Quand ou le déroba â la croisade, il était encore si petit enfantelet, une si tnjaocmte choie qu'il ne savait ni le bien ni le rMU^ et qu'il eût mieux aimé un arc^ un berceau ou un oiselet qu'une terre de duc et de marquis ^. Les infortunes de l'enfance, le spectacle de l'orphelin déshérité et miraculeusement reconduit au toit paternel, ce guerrier de quinze ans vainqueur du lion de Montfort qui n'avait' pu le dévorer dans son berceau, et nourri au désert par la colombe du Paraclet, forment un drame merveilleux de pitié, un mystère infini d'attendrissement, irrésistible au cœur d'un peuple encore primitif, et d'une époque encore patriarcale , et chevaleresque. Aussi, quand l'héritier des Trencabel parut aux Trivalles, au pied des rampes de Carcassonne, il fut sans doute enlevé de son cheval,

Page 1