‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 13 sur 506 · Guîlhem de Tudella, vers · texte numérisé non relu

Guîlhem de Tudella, vers

porté dans les bras, sur les lèvres, et comme sur les baisers des mères pleurantes de bonheur dans le palais désert et dévasté de son aïeule Âladaïs. Hélas I sa mère Tavait délaissé 1 Son père avait été lâchement assassiné I On ne sait pas même où dorment ses os I II ne pourra pas pleurer sur son sépulcre! Mais la mère de Torphelin, c'est Garcassonne 1 Le père de Tlnfant, c'est le sol albigeois. Cet adolescent représente, après tant de douleurs, le retour d'un âge d'or.

Le jeune vicomte s'appelle Ramon- Roger comme son père; Ramon, du comte de Toulouse dont il est le petit-neveu, Roger, du comte de Foix dont il est l'arrière-petit- cousin. On le nomme aussi Trencabel (qui tranche bellement) , surnom que ses ancêtres avaient gagné dans les batailles ^ Roger-Bernard, son tuteur, installale jeune prince dans son donjon et sur son trône féodal. Dans le palais de Garcassonne, au centre d'une vaste cour entourée de portiques romans, s'élevait un orme antique. Cet orme avait probablement remplacé l'arbre druidique et sacré qui a laissé son appellation au plateau de Carcassonne, laJboeAe du Ckéne^. G'est sous cet orme séculaire qu'assis sur leurs trônes de pierre, les rois goths rendaient la justice et que la vicomtesse Âladaïs tenait ses cours d'amour ' et présidait aux

1. M. Mahul traduit Trencabel par Casse-Noisette (Trencaavellana); les noisettes qu'il cassait, c'étaient les casques d'airain.

Page 1