‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 134 sur 506 · LIVRE DEUXIÈME S · texte numérisé non relu

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rochers des Pyrénées. La terre du Maréchal, comme on rappelait, était un morceau coupé par Tépée de la conquête, dans la lisière orientale du comté de Foix, sur les deux rives de TErs pyrénéen. Elle s'étendait depuis les confins de la ville de Pamiers et de Tabbayc de Boulbonne à l'ouest, jusqu'aux sources de ce gave qui descend des gouffres fatidiques du Thabor. Ce vaste domaine comprenait, sur une étendue de quinze lieues, les châteaux de Mirepois, Dan, Léran, MazeroUes, la Roque, Lavelanet, Montferrier, Bélestar, d'innombrables villages, des pâturages immenses, et la forêt de Bélestar qui touche â la Gerdagne. Mais le chef croisé n'avait pu soumettre encore le château de Montségur, donjon aérien du pays d'Olmés, défendu parle chevalier Ramon de Péreille, son légitime seigneur, par les faidits réfugiés sur cette cime sauvage , et par la protection tacite, mais effective et redoutée, du comte de Foix.

Ces fiefs de la croisade qui relevaient directement du roi, formaient un vaste demi-cercle de camps fortifiés. Us s'étendaient sur les flancs de Carcassonne, métropole de la conquête, comme deux grandes ailes : au nord , Saissac, Castres et Lombers ; au sud, Limons, Ghalabre et Mirepois, et se terminaient à Pamiers et à Albi, où résidaient deux sénéchaux français, ou plutôt aux châteaux de Cordoue et de Saint-Antonin vers TAveyron, et de Foix et de Montgaillard sur les Pyrénées. Jetés tout au travers du pays cathare, ils le coupaient en tronçons; ils tenaient en respect les comtes de Toulouse et de Foix, les proscrits errants en armes .

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et par bandes dans les forêts, et les populations toujours frémissantes qui regrettaient les seigneurs indigènes et les ministres albigeois, représentants de la nationalité romane. Et pour que les chefs de la conquête ne s'affaiblissent jamais par le partage de leurs fiefs, entre leurs descendants, selon les coutumes du Midi, ils furent, ainsi que les autres tenanciers français, strictement soumis au droit féodal du Nord. Ils adhéraient entre eux comme récaille à Técaille sur la oroupe du dragon ; ils s'unirent par des mariages, parents d'ailleurs par leurs origines, alliés aux maisons deMontfort et de Montmorency, issus tous de l'Ile-de-France, des environs de Saint-Germain en Laye, et même officiers de la cour féodale du monarque capétien. La fière régente n'avait remis qu'à ses barons les plus affidés la garde de sa belle conquête pyrénéenne.

Le légat et les sénéchaux terminèrent au printemps la démolition des murailles des villes condamnées. Fanjaus, Laurac, Saverdun, Hauterive, la Bessède, Avignonet, Castelnaudary, Puilaurens^ Lavaur, Saint*Paul-d'Agoût, Rabastens, Gaillac, Montagut,Puicelci,Verdun,Gastelsarrasin,Moissac, Montauban, Montcuc, Peyrusse, Agen, Gasseneuil, Condom, Pujol, Hautvillar et cinq autres, en tout trente villes ou châteaux, furent démantelés de leurs murailles, comme les chevaliers dépouillés de leur armure. C'étaient les forteresses du catharisme politique et religieux, du patriotisme méridional. Toutefois les cinq cents toises des remparts de Toulouse ne furent point abattues ; le roi pré* fera comprimer par la terreur le peuple frémis-

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sant, et conserver ses yieux murs flanqués de distance en distance d'énormes tours. Il craignit d'onvrir cette grande métropole à Tinyasion du roi d'Aragon qui, dans ce temps-là même, protestait contre cette conquête, et réclamait d'anciens droits mal définis sur les comtés de Toulouse, de Carcassonne et de Foix. Cest ainsi que furent sauvées ces antiques muraUles romaines, chantées par Ausone ; qui, tombées de nos jours, ont montré les blessures glorieuses qu'elles avaient reçues de Montfort, et dont les massifSs de brique rouge semblaient encore saignants et comme imbibés de fleuves de sang héroïque versé dans les guerres cathares ' .

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