RAMON-ROGER II
VICOMTE DE GARCASSONXe
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Pendant TorganisatioD matérielle de la conquête, le l^t procédait simoltanément à l'organisation ecclésiastique et scolastique, qoi en était le complément nécessaire» à la double fondation congénère de rinquisitiou et de Funiyersité catholique de Toulouse. Cette œuyre triple et homogène, conçue dus le même cerveau, avait été fondue d'un seul jet dans le même moule d'airain. L'inquisition évidemmentétaitune des premières pensées de Blanche de Castille, élève de saint Dominique, et amie de Grégoire £K. Dès le traité de Paris déjà, le jeune roi Louis avait rendu, sur ce sujet, une ordonnance adressée à tous les barons et vassaux du Midi.
Le monarque disait : Voulant faire rendre à Dieu
l'honneur et le culte qui lui sont dus, nous ordonnons :
Les églises et les ecclésiastiques de ce pays jouirontdes mêmeslibertés et immunités que l'Église gallicane. Tous ceux qui s'écartent de la foi catholique, après leur condamnation par Tévêque, seront punis. Ceux qui conserveront des rapports avec les hérétiques ne seront plus reçus en témoignage, ni . promus aux dignités, ni admis aux successions, mais leurs biens seront confisqués jusque dans leurs descendants. — Les barons, bayleset sujets rechercheront, dénonceront et livreront les hérétiques aux évoques pour qu'il en soit fait promptement justice. Pour accélérer cette perquisition, les bayles paieront aux délateurs deux marcs d'argent •, puis un m arc pour chaque tête d'hérétique. Nous recommandons que l'on expulse les routiers (les proscrits) , que l'on évite les excommuniés, que l'on contraigne, par la confiscation, la soumission des suspects et que l'onrestitue les dîmes aux églises et non plus aux laïques.
Le roi de France termine en enjoignant aux barons et aux vassaux de prêter à ces statuts le serment qu'il exigera, dit-il, même de son frère Alfonse, le futur comte de Toulouse. Cette ordonnance fut promulguée à Paris après le jour de Pâques dont la fête ouvrait l'année au moyen âge, et qui
1. Deux marcs, environ 180 francs qui, sextuplés pour obtenir la valeur réelle de l'argent, à cette époque, élèvent jusqu'à près de 650 francs la prime des délateurs, prime qui s'augmentait encore d'une moitié par chaque tôle de Cathare. Liber.
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tombait alors le 1 5 avril : de sorte que la première flenr de ce printemps dont le pape de Rome et le roi de France gratifiaient le Midi, fut l'inquisition*.
L'inquisition dont ce décret était le préambule royal, ne fut pourtant inaugurée que l'automne saiyantpar le concile de Toulouse (novembre 1229). Les archevêques d'A uch, de Bordeaux, de Narbonne, tme multitude de prélatset chefsd'abbayes, lecomte RamonVII, des barons, des chevaliers, le sénéchal de Carcassonne, et deux capitouls de Toulouse» l'un de la cité, l'autre du bourg, composaient ce concile, assemblée mixte, à la fois laïque et cléricale, mais dont le génie était sacerdotal. Seul, le comte de Foix, le héros du Midi, n'y vint pas : s'enveloppant de sa douleur patriotique, il ne daigna pas .descendre de son donjon pyrénéen.
Le majestueux Romain de Saint-Ânge, légat du Saint-Siège, présidait : il fit tour à tour jurer les articles de la paix. Les capitouls, lés premiers, prêtèrent serment sur l'âme de la commune de Toulouse, réminiscence cathare, ou tout au moins platonicienne. Les comtes suivirent, puis vinrent les évêques, leschefs monastiques, et enfin le sénéchal de Carcassonne. Alors le cardinal de Saint- Ange se levant :
t Bien que divers légats du Saint-Siège aient » dressé plusieurs statuts contre les hérétiques, * maintenant que ces provinces sont pacifiées » comme par miracle, nous avons jugé à propos