Doot
Narbonne, homme violent et scandaleux, se rendit àRoquefeuil, résidence d'Esclarmonde, mère de ces maudits d'Aniort La fière matrone féodale, interrogée sur sa foi, dédaigna de s'expliquer, et comme le primat de Septimanie lui disait qu'elle n'était pas chrétienne, elle répondit, en les congédiant, insoumise et indignée, qu'elle était plus chrétienne que lui et que tous les prélats romains. Othon d'Aniort cependant, sur l'assurance qu'on n'attenterait point à sa liberté, consentit à se rendre à Toulouse. Le légat n'osa point sévir contre ces redoutables chevaliers pyrénéens. Il se contenta de les laisser, à son départ, sous la surveillance du sénéchal du roi, André de Chauvet. Ghauvet, à la tète des croisés, avait démantelé son bourg de Laurac, dévasté ses récoltes, ravagé ses bercails. 11 fit enlever plusieurs de ses vassaux, et menaçait continuellement les ministres cathares recueillis dans son manoir. Mais dans une de ses chasses aux hérétiques, le sénéchal fut enveloppé par les montagnards et massacré dans la forêt Centenaire ^ »