‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 146 sur 506 · Guil. de Pull., ch. u · texte numérisé non relu

Guil. de Pull., ch. u

ce saIlgla^t jongleur s'enfonçait dans les ténèbres de la mort en répétant à chaque strophe ce refrain : € La nuit s'en va, mais le jour vient I 11 vient clair

> et serein I Voici l'aurore, une aurore douce et

> divine ! » Délire effravant, horrible démence d'un grand réprouvé qui descend en chantant vers l'abîme et salue comme YOrient d'en haut, la vague lueur du gouffre, l'éclair des foudres éternels *.

Foulques, qui n'est qu'au douzième rang comme troubadour, est incontestablement au premier oomme inquisiteur et comme bourreau. De tous les grands instigateurs de la croisade , il est le seul qui en ait vu le couronnement dans le parvis de Notre-Dame de Paris, et que la mort ait doucement conduit en triomphe, avec des palmes et des cantiques, devant le tribunal où un million de victimes l'attendaient pour l'accuser auprès de Dieu. Trois mois après l'irrévocable jugement, on lui donna pour successeur, ' frère Ramon du Falgar, provincial des Dominicains, issu des seigneurs de Hiramont, château situé non loin du confluent de la Leza et de TAriége, entre les deux fleuves. Ramon hérita de l'esprit et de la houlette sanglante de Foulques. Le moine continua le troubadour. 11 ouvrit son épiscopat par le supplice d'une vingtaine d'Albigeois ; hécatombe humaine dont son prédécesseur était bien digne et qui dut bien singulièrement réjouir son tombeau. Cinq ans auparavant, Humbert de Beaujeu, maréchal de l'armée française, assiégea et prit dans le Lauragais un château qui,

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