HisL du Lang.j t. vi. Du Mège, notes, art. Penne
Le faible Ramon VII ressentit sans doute dans son cœur une secrète joie de trouver dans ses magnanimes vassaux, l'insoumission qu'il n'osait opposer lui-même au roi de France. Les valeureux Bernard et Olivier, dans leur révolte patriotique, s'appuyaient à droite sur le vicomte Jordan de Saint-Antonin, à gauche sur Bertrand de Toulouse, vicomte de Bruniquel, et plus loin sur les consuls de Montauban et le comte de Foix. Ils avaient derrière eux le puissant Pelfort de Rabastens, et les seigneurs de l'Albigeois ; devant eux l'opiniâtre Rattier de Caussade, et les barons du Quercy. Ils recueillirent les chevaliers dépossédés, les debris des défenseurs delà Guépie, deCahuzac, et.de Saint-Marcel, les héros survivants de ces tragiques sièges sous la première croisade ; et Penne, du haut de son Rocher, bravait Cordoue et Peyrusse occupés par les Français, Albi, Rodez et Cahors, dont les évêques étaient vendus au roi de France. Mais au pied de ce camp chevaleresque, assis dans les nuées, rôdait dans la forêt immense un campement plébéien et rustique. Les comtes de Toulouse, toujours justiciers et miséricordieux, furent toujours chéris du pauvre peuple. Les villageois, les serfs, s'armèrent pour la défense de leur prince opprimé. Leur dévouement fut tel que le nom de Ramonet est demeuré jusqu'à nos jours le synonyme de paysan dans l'Albigeois*. Et c'est alors que dans tout le Midi se forma l'innombrable et patriotique tribu des Bobilas. Un ost montagnard fourmillait