Guil. de Tudella
le Gros *. Tel est le poëme de son infortune adolescente, et c'est avec le cortège de ses malheurs personnels, de l'amitié de leurs pères, martyrs l'un et l'autre de la sainte cause romane, et de l'antique alliance des ancêtres dont les poétiques amours et les fêtes chevaleresques parfumaient encore de leur gracieux souvenir le palais vicomtal de Carcassonne, que l'orphelin déshérité des Trencabel allait chercher l'hospitalité de son cousin don Jaicme, le jeune Conquistador de Catalogne et d'Aragon.
Ramon-Roger s'avançait, le long de l'Èbre, vers Saragosse, en prince albigeois, avec son bayle, son troubadour, ses chevaliers. Faisons c<mnattre ses serviteurs de l'exil, ses courtisans du malheur. A leur tête marchaient les seigneurs de Cab-Aret, de Termes et de Minerbe. Ces barons, conseillers héréditaires et comme les pairs des vicomtes, se pressaient autour du rejeton des Trencabel, comme leurs donjons, posés en trépied autour de Carcassonne, en étaient les trois contre-forts, inexpugnables sur leurs cônes de granit. Barons et châteaux partagèrent invariablement le sort de leur métropole féodale*. Les fils de Nos, seigneurs de Cab-Aret, étaient unis même par le sang aux vicomtes, comme leurs manoirs étaient reliés par un souterrain à la grande cité dont ils étaient les vedettes sauvages. Pierre-Roger, le chef de leur clan chevaleresque, avait été le dernier à fléchir sous