GuU. de Tudella. Chronique romane
i3S LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION
rinsolente fortune de Montfort. Mais enfin, seul dans rabattement universel, il rendit ses inexpugnables tours au chef de la croisade, et, nécessité plus douloureuse encore, dut, après la délivrance et le triomphe, les livrer, une seconde fois et pour toujours, au roi de France. Et maintenant, dépossédé de ses nombreux châteaux du Gabardez Qt du Minerbois, devenus des forteresses royales, le patriarche des enfants de Nos errait vieux, blanchi, mais invaincu, à travers les bercails et les cités de TAragon, à la suite de Torphelin de Carcassonne*.
A côté du valeureux Pierre- Roger de Cab-Aret figurait, dans ce second exil d'Espagne, le vénérable Bertrand de Saissac, bayle de tous les États des Trencabel, pendant le veuvage d'Aladaïs de Toulouse, tuteur du jeune vicomte Ramon-Roger qui fut empoisonné par Montfort, et maintenant conseiller sur la terre étrangère du fils de son pupille, le second orphelin de Carcassonne. C'est ce régent probe et sévère que les troubadours (dont son frère, le chevaleresque Olivier, était Tidole) taxaient d'avarice parce qu'il ne leur donnait pas de l'or, des écharpes brodées ou des chevaux harnachés*; mais qui prenait un juif pour argentier vicomtal, résistait aux usurpations de l'évoque, favorisait la propagande cathare, et admettait toute liberté religieuse dans ce palais mélodieux que la conquête allait contrister, et le meurtre et Tinqui-