Millot, troubadours, Ramoa de Miraval
siiioQ rendre à jamais funèbre. Aussi le sage ministre fut-il proscrit; tous ses domaines furent confisqués. Son château de Saissac, avec son vaste territoire, bocager et pastoral, fut inféodé par Simon de Montfort à son cousin Bourchard de Marly ; puis par le roi de France, après la mort de Bourchard, à ses neveux les fils de Lambert de Croissy, transférés de Limons. Le traité de Paris ordonna la démolition des murailles de ces trois grandes chàtellenies : Saissac sur le versant méridional, Hautpoul sur le revers septentrional, et Pui-Laurens sur la racine occidentale de la Montagne-Noire. Ce patriarche albigeois mourut probablement en Aragon, mais ses deux fils lui succédèrent dans sa foi et sa fidélité. Jourdain prit sa place auprès du vicomte à la cour et dans les camps du roi don Jaïcme, et Bertrand, humble diacre cathare, errait proscrit dans les forêts et autour des manoirs de ses aïeux possédés par les croisés *.
La maison non moins illustre de Castres, dont une fille, Ermengarde, la belle Albigeoise, tant chantée par les troubadours, avait épousé le poétique et chevalereux Olivier de Saissac, frère du grave régent de Carçassonne, dépossédé de sa grande cité et de son vaste domaine, arrosé par l'Agoût, s'éclipse totalement, dans l'ordre féodal, avec Bernard de Castres, son chef laïque errant dans l'exil, mais demeure à la tête de Tordre religieux, dans la personne de son frère, le vénérable Guillabert, pa-