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Jaicme accueillit, comme il le devait, son jeune cousin et ces vieux chevaliers, compagnons de guerre et d'amour de son père et de son aïeul. Ils arrivèrent dans le temps où le jeune prince, ambitieux de renommée et impatient d'acquérir son titre historique de conquistador, préparait une expédition contre les Maures *. Politique encore plus que chevaleresque, et pour désencombrer ses États de ces exilés albigeois qui, pendant sa minorité, avaient été mêlés aux troubles de T Aragon, il invita ces chevaliers à la conquête des Baléares. Ils acceptèrent et le suivirent à Barcelone, où la flotte catalane appareillait pour cet archipel africain. Singu- • lière destinée de ces barons pyrénéens que le roi de France expulse jusqu'à l'Èbre et que le roi d'Aragon entraîne vers les côtes d'Afrique I Nous les suivrons bientôt dans ces guerres musulmanes. Arrêtons-nous au tombeau de Bamon de Miraval. Ses compagnons avaient laissé le troubadour malade, à Lérida. Il mourut dans un couvent de religieuses de Gîteaux. Les femmes furent fidèles jusqu'à la fin au tendre poète. Des mains de nonnes Tensevelirent sous le pavé de leur basilique. Elles expiaient l'iniquité de leur farouche abbé Arnaud Amalric. L'Ordre qui l'avait dépouillé de son castel accordait à l'exilé, par une amère compensation, l'hospitalité du sépulcre *. Et maintenant que nous lui avons rendu ce devoir funèbre, remontons vers les Pyrénées. Dirigeons-nous vers les ApreS' Vallées ;