‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 185 sur 506 · Miguel de la Tour, Millot, Rainouard · texte numérisé non relu

Miguel de la Tour, Millot, Rainouard

faisons halte au pied du Canigou. Voici vernir une autre faidite : oelle-ci arrive dans son cercueil, sor son char funéraire. C'est le convoi lugubre et chevaleresque d'Ermessende, comtesse de Foix.

Ermessende n'avait pas choisi sa sépulture à Boolbonne, nécropole des comtes de Foix. Elle avait Toalu reposer dans le sépulcre de ses ancêtres, au monastère de Gostoga^, dans le Y allespir (Y alUs aspera). Le char mortuaire, parti de Tarascon, longea les montagnes de Thabor, se dirigeant vers l'orient, escorté par les seigneurs de Lordat, de Rabat, de Castel-Verdun, officiers des comtes. Les barons de Lantar, Amauld de Villamur et Amiel de Pailhers, seigneurs de Saint-Paoul de Jarrats, conduisirent le deuil vers Lavelanet. Les proscrits de Montségur ^nt défiler lentement dans la yaUée d'Olmés la pompe funèbre. Prosternés sur la cime cathare, ces bannis accompagnèrent de leurs larmes et de leurs prières la grande faidite, la pieuse patronne du champ d'asile de Castelbon, la douce héroïne de l'indépendance nationale, la martyre sainte frappée au cœur et morte de la mort de la patrie romane. Leurs regards suivirent le muet et morne cortège jusqu'à ce qu'il eût disparu dans les tortueux défilés du Chercorb pour gagner, par les gorges glacées du Bugarach, les vallées arides du RoussiUon. Mais pourquoi la noble princesse s'enfayait-elle si loin pour son tombeau? Ne se croyaitelle pas en sûreté à Boulbonne, auprès de son beau-père, de son époux et de son fils, parmi tant

Page 1