SEIGNEUR DE M0NTSË6UR
UVOS TU s'aLUB au KOI D* ARAGON, AU nOI D*ARGUiTERRE, A L*BMPERBU1I d'aLLUUgNB, s'attache les CRAIlDi VASSAUX, UniT ENTRE EUX LES UIORS IT LES GRANDES CITÉS ROMANES, ET ACCEPTE l'BOMHAGE DBS rnom SES FORÊTS. rODR RELBVER ET FORTinER LB PARTI NAnOMAL.
Ramon VII, à demi dévoré par la France et par l'ome, se tourna instinctivement vers les ennemis de Rome et de la France, son neveu le roi d'Aragon, son cousin le roi d'Angleterre et Teraperenr d'Allemagne, son suzerain sur les Alpes. Le jeune roi d'Aragon était douteux ; l'adolescent conquistador flottait dans ses amitiés ; il s'absor- Wt dans ses guerres arabes qu'il exécutait sous le patronage de Rome. Henri III, fils de Jean Sans* ^erre, était un ami plus certain, un parent plus dévoué. L'infant de Toulouse, fugitif de sa capitale devant Simon de Montfort, avait trouvé un asile à la cour d'Angleterre. Et c'est de cette lie que sous
la conduite de son écuyer fidèle, Arnaud Topina, le jeune prince exilé vint à Rome réclamer son héritage au concile de Latran (1215). Innocent III avait excommunié Jean Sans-Terre, et donné ses États à Philippe-Auguste. Le roi de France avait perdu l'Angleterre, mais il retenait encore la Normandie et l'Aquitaine. De là, communauté d'intérêts entre Henri III et Ramon VII. Malheureusement le monarque anglo-normand luttait alors contre la ligue de ses barons et de ses communes, à la tête desquels se trouvait, par un singulier hasard, Simon de Montfort, frère d'Amauri, et fils du conquérant de l'Albigeois*. Ainsi cette race d'aventuriers de génie fondait à la fois la liberté anglaise et détruisait l'indépendance romane. Mais cette révolution insulaire reculait de dix ans le secours que le monarque anglais devait porter au comte de Toulouse et aux peuples aquitains. Toutefois Henri III passa la mer, vit Ramon VII à Bordeaux, et écrivit en sa faveur à l'empereur Frédéric II (sept. 1232).
Ce petit-fils de Barberousse, né en Sicile, était un prince troubadour, un esprit cosmopolite et libre penseur, le premier en date des poètes italiens, le dernier des Minnesinger allemands. Ce César poète sert de trait d'union entre Henri d'Ofterdingen, le chantre des Nibelungs, et le Grand Paire Alighieri, le chantre de l'Enfer. Il était le pupille émancipé du saint-siége, et conséquemment l'irréconciliable ennemi de la papauté aussi bien que de la maison de France, entachée à ses yeux du double crime