‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 233 sur 506 · LIVRE CINQUIÈME ' Il · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME ' Il

jeuDes essaims et les forcent d'aller fonder de nou- Telles ruches au désert. La vieille synagogue avait expulsé l'Église chrétienne, comme trop intellectuelle, et rÉglise chrétienne à son tour expulsait VÉglise albigeoise comme trop idéale. De sorte que l'Église cathare qui prétendait encore légitimement au titre de chrétienne, devrait plutôt, après son évolution, porter plus exactement le nom de paradilienne. Par cette évolution hardie, le catharisme, qui sous bien des rapports n'est qu'un christianisme plus éthéré, peut être considéré comme une nouvelle religion qui s'échappe de l'Église comme le papillon de sa chrysalide. Cette transformation, qui fut son infortune éclatante dans le passé, doit être dans l'avenir sa gloire funèbre.

Le genre liumain» selon le christianisme, est sauvé par le Fils et non par l'Esprit, par le Verbe et non par l'Amour. Mais, selon le catharisme, le salut procède du Paraclet, du Consolateur . Delà, dans son principe divin, abaissement, débilitation : le catharisme qui découle de l'Amour, n'aura par la vigueur, la rectitude du christianisme qui dérive de la Parole : mais il aura la grâce mystique, le charme céleste. De l'esprit qui vole comme le vetU dans l'espace, dit l'Évangile*, il aura la mobilité, la viabilité mystérieuse^ le besoin de l'infini, comme l'ange. Les premiers Amis de Dieu durent être, une secte égalitaire, professant le sacerdoce universel. Plus tard la lutte amena l'organisation; trois degrés se formèrent, dans l'égalité primitive, le novi- ^^ la perfection^ le sacerdoce. Le diaconat monta en épiscopat, et l'épiscopat s'épanouit en patriarcat.

il LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION

Mais là s'arrêta sa hiérarchie qui, désormais, conservera le monopole du Paraclet. Douze évêques se grouperont autour du patriarche, comme les douze apôtres autour du Christ. L'Église cathare se composait de dodécades apostoliques. Mais, selon le génie grec, cette aristocratie patriarcale ne se concentra jamais en monarchie théocratiquè. Mânes seul, à ce qu'il paraît, rêva un pontificat souverain, dominant douze immenses patriarcats, établis sur soixante-douze épisoopats ou royaumes cathares ; c'était l'étroite organisation mosaïque, reproduite par Jésus dans la constitution apostolique, «it incommensurablement dilatée, élargie, par l'audacieux mage Persan qui en enveloppait le monde ^ Ce pontificat universel, si même il s'ébaucha, se fragmenta bientôt, et nous n'en trouvons que les débris réguliers dans les variétés infinies de l'Église Joannite. L'Église cathare, et nous dirons même l'Église catholique, apparaît organisée partout en dodéca • des. Nous retrouvons ce groupement chez les Syriens, les Égyptiens, les Hellènes, les Bulgares, les Saxons d'Angleterre, les Celtes d'Ecosse et dlrlande*. Le catharisme fdt de son essence trop.spiritualiste pour incarner le Paraclet dans un homme, dans un Manichéos universel, et si l'on a cru distinguer un patriarche suprême errant dant le mystère des forêts et des déserts d'Orient, nous croyons que ce n'est qu'un fantôme, et que. son pape, c'est l'Esprit, et son Vatican c'est le ciel.

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