Voy. le Gnostique de Clément d'Alexandrie
iO LES ALBIGEOIS ET L'LVQUISITION
judaïsants, et ne conservèrent d'intacts que les écrits johannites*. Ils sont les pères de Texégèse, et leur interprétation est toute mystique. Leur théologie est émaillée de pensées d'Origène, de Grégoire de Nazianze, de Synésius, des plus pures fleurs de l'Orient. Le gnosticisme aquitain pourrait même être aisément réduit à une sorte d^origénisme plus éthéré. Pensée du Christ, brûlée par saint Jean, sur l'autel alexandrin de Platon, le catharisme formait une espèce de théosophie qui s'échappait des évangiles, comme un parfum, par le haut, par l'idéal, par l'infini. Sous ce point de vue l'albigéisme peut être considéré, et a dû se considérer lui-même avec raison, comme une évolution nouvelle du christianisme, et comme son épanouissement définitif, son évaporation, sa volatilisation suprême et céleste.
La Trine-Unité de l'essence divine a produit un triple développement correspondant, une triple manifestation corrélative, de la forme religieuse. Si le mosaïsme est la religion du Père (de Jéhova), si le christianisme est la religion du Fils (de Jésus), le catharisme sera la religion de TEsprit (du Paraclet.) Comme le christianisme se dégage du mosaïsme par le Verbe, le catharisme se dégage du christianisme par le Paraclet. Le mosaïsme représente la puissance, le christianisme l'intelligence, le catharisme l'amour de Dieu. Le catharisme qui revendiquait sa mère l'Église chrétienne, méconnaissait son aïeule la synagogue juive. Mais les religions sont comme les abeilles qui chassent les