‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 262 sur 506 · Doat, XXII. Dép, de Bérenger de Lavelanet · texte numérisé non relu

Doat, XXII. Dép, de Bérenger de Lavelanet

m LES ALBIGEOIS ET L*1NQUISITI0N

longue pour gagner la cime de Montségur. Ces chevaliers, blanchis sous le harnais, restes vivants de cent batailles, élevaient ces adolescents pour les batailles futures, pour la délivrance de la terre romane. Us leur enseignaient héroïquement à lire dans leurs propres épopées, dans le martyrologe de la patrie. A ces nobles vers de Guilhem de Tudella: « Grands furent le dommage, la douleur et la perte, lorsque le roi d'Aragon resta mort et sanglant, avec un grand nombre d'autres barons, dans les plaines de Muret. Grande fut la honte qu'en recueillit la chrétienté et le monde * I » Et à celte touchante élégie nationale : « 0 Toulouse, Provence, terre d'Agenais, pays de Béziers et deOarcassonne, quels je vous ai vus, et quels je vous revois * ! » Des larmes de religion et de patriotisme coulaient en silence sur les barbes blanches de ces vieux guerriers.

Le synode organisa sans doute aussi une grande école de théologie sur le Thabor. Ce séminaire de Montséguri si étonnant par ses maîtres, ses doctrines, son site sauvage et son enseignement dans les bois, n'était pas moins extraordinaire pour ses élèves, doux à la fois et farouches, errants et pros* crits ; véritable gymnase du martyre. Un rocher était la chaire du docteur johannite : des pierres revêtues de mousse, les sièges des disciples; et le lieu de l'enseignement, une grotte, un coin de forêt, quelque cirque désert. Des adolescents fugitifs de

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