‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 267 sur 506 · Flors, fleur, Florimonda, fleur pure, ou Cathare · texte numérisé non relu

Flors, fleur, Florimonda, fleur pure, ou Cathare

2. Guilb. de Tudella. Inquisition de Toulouse, Mas- Saintes-Puelles.

LITRE ONQUIliMB 61

CULTE. — TRÉSOB. — CLOTCBE DO SYlfODE.

lie synode enfin organisa le culte public. Le catharisme n'a point de temple. Sur la montagne les prédications avaient lieu dans la salle capitulaire du château. Une maison fut transformée en oratoire rustique dans le village au bord de l'Ers. Le dimanche le service divin était célébré sur la Roche, pour le châtelain et les gardes du donjon. Puis les évoques, les diacres, les chevaliers, descendaient de leur aire et venaient prier jivec les pâtres dans la chapelle agreste du hameau. Le culte albigeois, on le sait, ouvert par une invocation, consistait dans Toraison dominicale, la confession des péchés, une simple paraphrase de l'Évangile, et se terminait par la bénédiction et le baiser de paix, le tout en dialogue entre l'officiant et le peuple avec de nombreuses génuflexions, mais sans musique ni cantiques. Une grande place était laissée à l'adoration : pourtant la pièce principale c'était le discours : la prédication était au culte cathare ce que la messe est au culte catholique. Elle donnait son nom â la cérémonie qui s'appelait le iermm. L'office n'avait guère lieu que le dimanche ; mais dans la semaine, les étrangers, les pèlerins qui venaient visiter les évêques, les diacres, les diaconesses , recevaient le pain et le vin consacrés, et ne quittaient pas leurs cellules sans avoir participé aux agapes. Les Amis de Dieu observaient

quatre fêtes annuelles : Nadal (Noël) , l'apparition du Christ dans le monde ; Pascor (Pâques), la résurrection du Sauveur ; Pentecosta (Pentecôte), la descente des langues de feu; et enfin Manilosa ou Manisola, louange ou consolation de Mani. Ce n'était pas la Bêma de Manès.que les Manichéens célébraient au printemps. La Manisola avait lieu en automne, et c'était la fête mélancolique de l'Esprit, l'invocation du Consolateur plus miséricordieux et plus tendre aux sombres jours d'hiver. La vie des parfaits, et surtout des proscrits, qui ne se nourrissaient que de privations, était comme un jeûne perpétuel. -Et cependant, ils observaient dans l'annéf l^ois temps sacrés, de quarante jours cba* cun (quadragésimes), d'une abstinence encore plus rigoureuse. Alors ils ne vivaient plus que d'un peu de pain et d'eau. Ce premier carême finissait à Noël, le second à Pâques, le troisième vers le solstice d'été. Vers l'équinoxe d'automne, ces solitaires, insatiables d'émaciation, devaient se préparer, par d'autres austérités ascétiques, aux solennités de la Manisola pendant lesquelles nous pensons que se tint le synode. Ainsi les Amis de Dieu donnaient deux fêtes au Christ et deux au Paraclet ' .

Le synode, avant de se séparer, organisa le trésor du Paraclet. Comme les Vaudois, les Albigeois avaient pour devise ces deux mots qu'ils faisaient retentir jusque dans le ciel : Lumière et Pauvreté î

1. Àrch, de VInq. de Carcas,, Doat, xxiv, f. ICI. — Eymerlcus, 440. — Ekbertus, 899. — Ducange, art. Bèma« M. Schmit (t. II, liv. iv) demande quel est le sens de Manisola. Le voilà.

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