‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 28 sur 506 · Pâques · texte numérisé non relu

Pâques

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palais de Carcassoime. Là, sous Torme féodal, ii oélébrait les amours d'Amauld de Marveil disputant au roi Alphonse d'Aragon le cœur de la vicomtesse Aladaïs, et ce pâtre mélodieux, vainqueur du puissant monarque, et pourtant exilé à regret et mourant de douleur à la cour de Montpellier. Ces souvenirs mélancoliques parfumaient ces palais attristés comme ces giroflées d'or et de pourpre qui refleurissaient alors sur les brèches des tours * . — Le vieux Pierre Vidal put revoir les tournois de Muret, et rencontrer comme autrefois ce grand et beau chevalier, au palefroi superbe mais nuancé de cent pelages, comme la gorge changeante d'un ramier» le front couronné de fleurs agrestes, la robe bordée de guirlandes sauvages, et les bottines itincelantes de saphirs, qui lui dit : Pierre Vidal, je suis l'Amour I cette dame qui m'accompagne est Mercy ; cette demoiselle, Pudeur, et cet écuyer, Loyauté. Il chantait, et sa ballade était répétée par tous les oiseaux des bocages. < — Dans les tours de Foix régnait le grand troubadour des comtes , Guilhem de Tudella. Il chantait l'épopée de la patrie romane. Son long poëme aux strophes inégales et monorimes était cadencée sur une simple et grave mélopée. Il disait le massacre de Béziers, les gibets et la piscine funèbre de Lavaur, le désastre nocturne de Muret, la mort du roi d'Aragon, le retour d'Italie des princes, et la rentrée d'Espagne des exilés, les sièges de Beaucaire et de Toulouse^ et la victoire enfin de la brebis albigeoise sur le

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