LIVRE CINQUIÈME
— Notre Père, notre Patriarche apostolique?...
C'est Joan, fils de Zébadia. Jean, le bien-aimé de Jésus, qui reposa sur son cœur et connaît tout le mystère de ce cœur divin. Jean le candide adolescent, le blanc et souriant vieillard, l'apôtre vierge de l'amour, l'aigle de la théologie mystique, le prophète de Pathmos, le Platon de l'Évangile et l'Homère de l'Apocalypse.
En nos frères dans l'Église primitive?... — Les sept églises d'Asie, tous les Grecs d'Orient. Grégoire de Naziance, le noble Synésios, et avant eux, Origène, ce Nil de la doctrine, qui tombe du ciel, féconde le désert et se jette par sept bouches dans la mer ; et aussi parfois, ce grand africain, ce bizarre et farouche Tertulien, escarpé comme l'Atlas, embrasé comme le Zara. Les gnostiques orientaux, frères chrétiens des Mages de l'Euphrate, et des Brames du Gange. Nous sommes les derniers enfants du Mani, l'épuration suprême de la Gnose ; notre Église est un paon de l'Inde qui, s'éloignant des régions de l'aurore, a perdu son diadème étoile, et dont les splendeurs orientales se sont éteintes dans les forêts slaves, et dans les brumes de l'Occident. Et de nos jours?
Joachim de Flore, le prophète de Calabre * , le Moïse de VÉvangile étemeL Mais il s'est trompé : l'Évangile éternel c'est celui de Jean, que l'ange portait au Zénith. — C'est François, disciple de Joachim, disciple lui-même des Grecs. Mais François s est f )urvoyé en restant dans l'Église romaine