LIVRE SIXIÈME lU
Dominique l'y suivit. Le comte s'établit au Castel- Narbonnais^, le raoiue dans une maison contiguë au château comtal. A Toulouse, comme à Faujaus, comme à Prouille, le missioanaire se met à l'ombre lie la lance du croisé, di; la baliste du donjon. Eq entrant dans Toulouse, Dominique n'avait encore que quatre disciples : c'étaient les pauvres Gasc, son hûte du Villar, Catholica et ses deux lils, Pierre et Bernard de Darsa '. A Toulouse, il acquit les Ceilani, d'origine italienne comme leur nom l'indique, étnmgers infidèles comme la fortune, anciens serviteurs delà maison de Saint-Gélis, qui s'étaient donnés à Moiitfort, et qui hébergeaient Dominique dans le logi^ de leur domesticité attenant au Gastel-Narbounais, Dominique eut bientôt douze disciples, U l'instar des hérésiarques johannites. Il songea dus lors :'i l'aire adopter son institut par le Saint-Siège. Une OLv;asion magnihque se présenta. Innocent ni convoquelequatrièmeconcilede Latran. Dominique, eu compagnie de l'évêque de Toulouse, se rend à cette assemblée du catholicisme universel. Innocent IH accueille le grand missionnaire espagnol ; il adopte son ordre comme un élément de la croisade ; et Dominique siège au concile avec rang d'abbé, et un prestige miraculeux. Innocent Ili, dit la légende, avait vu, dans un songe prophétique, le grand moine castillan soutenant, de sa robuste épaule, le Vatican ébranlé. La légende a donné une forme épique à cette institution des ordres mendiants. Une nuit,