Hiit.duLniig., 1. V, ]ir. 4S
dit-elle, Dominique en prière, les yeux au ciel, vit sur son trône Jésus-Christ, lançant contre la terre un triple foudre. La Vierge suppliante intercède, et offre à son fils, pour la rançon du monde, deux hommes : Dominique, le fier Castillan, et François, le sublime insensé d'Assise. On sait que le cri des Vaudois, des Albigeois, de tous les ennemis de Rome, était lumière et pauvreté. Rome, l'opulente et la ténébreuse, accepte ces deux mots qui avaient fait la force des dissidents du moyen âge : elle crée à son tour des Ordres Mendiants^ et fait à leur indigence naissante un berceau d'or en l'établissant dans la spoliation immense de la conquête romane *.
Dominique, chef d'un ordre monastique, revient dans les Pyrénées. De Montforf , il reçoit des terres ; de l'évêque Foulques, des dîmes ; de riches offrandes, de tout le monde. A Prouille, la maison mère, il ajoute deux succursales, une au centre populeux de Toulouse, une autre à l'Escure, aux portes d'Albi. Il occupe ainsi les trois grands foyers hérétiques. Il convoque enfin à Prouille ses douze compagnons pour élaborer la règle de l'ordre qui devait relier en faisceau ces trois maisons et les filles innombrables qu'elles allaient enfanter dans le monde. Dominique ne prit point pour modèle, le doux,
le gracieux, le poétique Pierre le Vénérable, abbé
1. Les pauvres de Lyon, les pauvres d'Albigeois, les pauvres d'Aragon, inspirèrent à Rome l'idée d'organiser toute cette pauvreté catholique, imitatrice de la pauvreté cathare.