‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 31 sur 506 · fftft. du Lang · texte numérisé non relu

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62 LES ALBlGfiOIS ET LIRQinSITlON

blason pastoral : la brebiS' ibère ruminant à l'ombre de la croix de Saint-Gélis, sur la rive des eaux de Rabastens (Ripa Stagni ^). Ce n'est que sous les Capétiens que Rabastens remplaça son noble rivage par trois ignobles betteraves^ sous la croix abattue et dominée par troÎ9 fleurs de lis. Les oignons s'unirent alors aux navets : et ces tumeps fleurirent en glaïeuls de France, comme nos servitudes s'épanouirent en gloire monarchique et capétienne.

Le château de Bruniquel avait des souvenirs si* nistres. RamonVI, comte de Toulouse, l'avait légué par testament à son frère Baudoin. Baudoin trahit la cause nationale et embrassa le parti de Montfort. Surpris par le seigneur de l'Olme, il fut livré par Rattier de Caussade à son oncle Ramon-Roger de Foix, alors à Montauban. Le comte de Toulouse, appelé pour son jugement, condamna son frère à la mort des traîtres, et le comte de Foix voulut faidre lui-même l'office de bourreau patriotique. Le tragique Ramon-Roger étrangla de ses propres mains le prince coupable, frère de son suzerain, petit-fils de Louis le Gros. Il le pendit à la cime d'un noyer séculaire qui, de ce plateau culminant, dominait les plaines environnantes afin d'épouvanter les félons par le spectacle de ce vil cadavre balancé dans les nues et dévoré par les vautours. Il jeta, comme un défi à mort, ce prince étranglé au roi de France et au pape de Rome. La croisade essaya de transformer ce traître en martyr, et de rouler autour de son front le lacet de sa strangula

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